La religion

 

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Document n° 1 :  Emile Durkheim, Les Formes élémentaires de la vie religieuse, PUF.

« Une religion est un système solidaire de croyances et de pratiques relatives à des choses sacrées, c'est-à-dire séparées, interdites, croyances et pratiques qui unissent en une même communauté morale, appelée Eglise, tous ceux qui y adhèrent. »

Document n° 2 :   Emile Durkheim, Les Formes élémentaires de la vie religieuse, PUF, Paris, rééd. de 1960, p. 50-51.

« Par choses sacrées, il ne faut pas entendre simplement ces êtres personnels qu’on appelle des dieux ou des esprits, écrit Durkheim ; un rocher, un arbre, une source, un caillou, une pièce de bois, une maison, en un mot une chose quelconque peut être sacrée. »

Document n° 3 : Eliade, Le sacré et le profane, 1955

« L'homme religieux croit toujours qu'il existe une réalité absolue, le sacré, qui transcende ce monde-ci, mais qui s'y manifeste et, de ce fait, le sanctifie et le rend réel.[…] Il prend connaissance du sacré, parce que celui-ci se manifeste, se montre comme quelque chose de toute à fait différent du profane." Cette manifestation est appelée la hiérophanie. Ainsi la manifestation du sacré est toujours identique à elle-même : un acte mystérieux. L'histoire des religions montre que la structure des hiérophanies ainsi que leur dialectique, restent toujours identiques à elles-mêmes. La vie religieuse ne comporte pas de ruptures, l'expérience religieuse est anhistorique. »

Document n° 4 :   Alain, Les propos

« Si un chapelet dit selon le rite apaise les soucis et les scrupules, et conduit à un paisible sommeil, voilà un fait que je ne puis nier, et que je comprends même très bien. Et si la position d'un homme à genoux le rend plus facile à lui-même, moins enragé de vengeance, en tout plus équitable et plus humain, la plus simple physiologie m'avertit que je devais prévoir cela. »

Document n° 5 :  Kant, Pensées successives sur la théodicée et la religion

« De fait les hommes sentent, et non sans cause, le fardeau de leur existence, bien qu'ils l'aient eux-mêmes alourdi. Et voici, à mon avis, d'où provient cette souffrance. Dans les progrès de la civilisation, il est inévitable que la culture des talents, le raffinement du goût, avec le luxe qui s'ensuit, aillent plus vite que le développement de la moralité. »

Document n° 6 :   Rousseau, Emile

 « Les plus grandes idées de la Divinité nous viennent par la raison seule. Voyez le spectacle de la nature, écoutez la voix intérieure. Dieu n'a-t-il pas tout dit à nos yeux, à notre conscience, à notre jugement ? Qu'est-ce que les hommes nous diront de plus ? Leurs révélations ne font que dégrader Dieu en lui donnant des passions humaines. »

Document n° 7 :   Schopenhauer, Sur la religion

« La philosophie en tant que science n'a absolument rien affaire avec ce qui doit ou peut être cru ; mais seulement avec ce que l'on peut savoir. Si maintenant savoir devait être également tout autre chose que ce que l'on doit croire, ce ne serait pas un inconvénient pour la foi elle-même : elle est foi parce qu'elle enseigne ce que l'on ne peut savoir. »

Document n° 8 :   Jacques Ellul, Islam et Judéo-christianisme, PUF, Paris, 2004, p. 64-65.

« Rien ne peut détruire [la religion], car ce qui la met en question est aussitôt promu à sa place et objet d’une croyance religieuse à son tour – je l’ai démontré ailleurs pour le sacré. La puissance qui désacralise, un lieu, un conseil, une religion, est aussitôt à son tour sacralisée. Il en est exactement de même pour ce qui prétend détruire une croyance. La force destructrice devient aussitôt l’objet d’une croyance. On l’a parfaitement vu lors de la grande offensive laïque contre la “religion” : en très peu de temps, la laïcité est devenue un laïcisme, et il s’agissait d’une ferme croyance dans des valeurs, une morale indépendante, une sorte de communion intellectuelle et même spirituelle. Donc le fait croyance paraît inhérent à l’être humain ! C’est dans cet univers de croyances que se situe, ni plus ni moins accentuée, la croyance religieuse, qui se réfère à un au-delà insaisissable. »

Document n° 9 :  Emile Durkheim, Les Formes élémentaires de la vie religieuse, PUF, p. 610, rééd. de 1960.

« Il ne peut pas y avoir de société qui ne sente le besoin d’entretenir et de raffermir, à intervalles réguliers, les sentiments collectifs et les idées collectives qui font son unité et sa personnalité. Or, cette réfection morale ne peut être obtenue qu’au moyen de réunions, d’assemblées, de congrégations où les individus, étroitement rapprochés les uns des autres, réaffirment en commun leurs communs sentiments ; de là des cérémonies qui, par leur objet, par les résultats qu’elles produisent, par les procédés qui y sont employés, ne diffèrent pas en nature des cérémonies proprement religieuses. Quelle différence y a-t-il entre une assemblée de chrétiens célébrant les principales dates de la vie du Christ, ou de juifs fêtant soit la sortie d’Egypte, soit la promulgation du Décalogue, et une réunion de citoyens commémorant l’institution d’une nouvelle charte morale ou quelque grand événement de la vie nationale ? »

 

 

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La dernière mise à jour de ce site date du 21/08/20