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 Anthropomorphisme : Imagination de l’esprit par laquelle on se représente des réalités non humaines (dieux, esprits, animaux ou choses) à partir des sentiments ou des attitudes humaines.

a priori : Désigne ce qui est indépendant de toute expérience possible. Les principes a priori de la connaissance sont seuls à pourvoir en fonder la nécessité. Une connaissance qui voudrait dépasser les conditions a priori des principes de la connaissance ferait un usage transcendant (= illégitime) de ces principes.

Un préjugé n'est pas un a priori, sauf à considérer que tout jugement dérive de l'expérience (thèse empiriste).

Attitude naturelle : Attitude de celui qui croit que les choses sont telles qu’elles nous apparaissent et qui refuse de comprendre que ce que nous appelons “objet” est le résultat d’un jugement ou d’une intention d’observation. Ainsi, le pêcheur ne capture que des proies. La truite, le loup, la dorade n’existent pas comme tels pour lui. Ils sont d’abord et avant tout des proies. Bergson critique l'intelligence conceptuelle en ce qu'elle ne fait que traduire nos intérêts.

 Autonomie : qui est régi par les lois dont  il est l’auteur. Capacité à déterminer soi-même les règles qui permettent d’organiser l’action (par ex. : l’autonomie de l’élève dans son travail). L'autonomie se définit comme l'obéissance de la volonté à sa propre loi, indépendamment de tout mobile sensible. Pour Kant elle est le fondement et le principe de la morale. L'autonomie s'oppose à l'hétéronomie.

Causalité : lien nécessaire et universel entre deux phénomènes, réglé par le rapport cause / effet. Les mêmes causes produisent toujours les mêmes effets (réponse à la question "Comment... ?"). Tout lien de causalité ne permet pas une explication déterministe : un promeneur heurte un caillou en marchant ; le promeneur est la cause du mouvement du caillou mais la relation n’est ni nécessaire ni universelle.

Concept : La concept réunit la diversité sensible en une unité intellectuelle.  Le sens est assez proche de « idée », à la différence que « concevoir » est une action. Le concept se définit en extension et en compréhension et détermine les caractères communs à des phénomènes différents (une pierre qui tombe, un oiseau qui vole, un train qui roule seront réunis sous le même concept physique de mouvement ou d’inertie).

Contingence : Notion difficile à définir, souvent opposée dans l'opinion à "nécessaire" et prise comme synonyme de "hasard". La contingence renvoie à tout ce qui peut être conçu comme pouvant ne pas être ou être autrement. En ce sens elle s'oppose non à "nécessaire" mais à "déterminisme". Si nous reprenons l'exemple du promeneur (cf. "causalité" ci-dessus), le coup de pied du promeneur dans le caillou est contingent (il avait la possibilité de choisir de ne pas le heurter) mais le mouvement du caillou est nécessaire. L’action humaine, en tant que liberté, n’est possible que si elle cherche à réaliser un possible qui n’existe pas encore et qui pourrait ne pas exister. Il n’y a pas d’action possible sans contingence, c’est-à-dire sans choix et sans évaluation (pour choisir une des possibilités d’action). La contingence ne s’oppose donc pas exactement à la nécessité puisque pour que ce possible se réalise, il faut que l’action s’adapte et prenne en compte les lois nécessaires (un avion vole en obéissant aux lois nécessaires de la gravitation, de la chute des corps,…).

Dignité : Valeur absolue (qui ne peut être relative ou comparée à quoi que ce soit) et inconditionnée de tout être humain considéré comme une personne. Le respect de la dignité humaine interdit d'utiliser les autres pour faire notre bonheur ou servir nos intérêts. Autrui ne peut être un moyen pour servir des fins autres que celles de l'humanité. La valeur morale de la personne humaine impose le respect. La valeur de l'homme fait qu'il n'a pas de prix puisque sa valeur est sans équivalent (la valeur morale n'est donc pas quantifiable).

En soi / pour soi : Distinction fondamentale du devenir de l'Esprit pour Hegel. L'en soi est la manière d'être immédiate (sans médiation) des réalités closes, fermées sur elles-mêmes et sans relation avec d'autres réalités. Les choses en soi sont ce qu'elles sont immédiatement. Le pour soi c'est d'abord la manière de ne pas être en soi. Le pour soi est négation de l'en soi. C'est la manière d'exister (= ne pas être, sortir de l'en soi) de la conscience de soi.

Empirisme : Théorie de la connaissance qui affirme que toutes nos idées et connaissances dérivent de l’expérience et reposent sur elle. Rien n’existe dans l’esprit indépendamment de l’expérience. Seule l'expérience est un critère rationnel de vérité (Locke).

Eudémonisme : Théorie morale qui fait du bonheur le Souverain Bien, doctrine à l'origine de l'idée de Progrès qui postule une histoire effective orientée et continue.

Facticité : C’est d’abord le caractère de ce qui est « factice », artificiel, qui est donc un produit du travail. Appliqué à la conscience (par Sartre) cela signifie que la conscience secrète elle-même l’illusion d’être comme une chose. C’est aussi la découverte que mon existence est là comme  une chose, sans raison. La facticité de ma conscience se révèle dans l’impossibilité d’en rendre raison. L’homme naît sans jamais rien choisir (son siècle, sa langue,…). L’existence s’impose d’abord à moi comme un fait.

Finalité : lien entre deux phénomènes réglés par le rapport moyen / fin. Le fait de tendre vers un but de façon consciente et volontaire (réponse à la question "Pourquoi....?").

Finalité interne : Il y a finalité interne lorsque les éléments d'un tout sont des moyens pour une fin qui est ce tout lui-même. La finalité interne est nécessaire : elle rend possible la cohérence du tout et lui confère son unité. Pour Kant, elle est le propre de l'organisme vivant et le distingue d'une machine. Elle explique selon lui comment l'organisme vivant est capable de s'organiser lui-même et de reproduire cette organisation (reproduction). La "biologie" kantienne, si elle représente un progrès par rapport à la théorie de l'animal-machine, n'accède pas encore à l'idée de programme, c'est-à-dire de "causalité" en boucle du hasard et de la nécessité, rendue possible par la découverte de l'ADN en 1953 par Watson et Crick.

Fin : Ce qui constitue un but pour l'action et qui oriente la pensée vers ce qui n'est pas encore. Une fin est donc une représentation qui rend raison de notre action (en ce sens elle être appelée cause finale). Le but désigne un possible que la volonté se propose de réaliser. Le but est "ce en vue de quoi" une volonté se détermine. Tout but peut devenir un moyen (une fois le but atteint, il devient un moyen pour un autre but). Pour un esprit scientifique, il ne peut y avoir de but (finalité externe) dans la nature ou dans les choses (conception finaliste et anthropomorphique) puisque les buts étant contingents, cela supposerait une volonté arbitraire transcendante (un dieu, un destin, une providence,...). 

Au sens absolu, ce qui constitue la fin dernière de l'homme (le bonheur, le plaisir, la culture, la morale, .... ?), c'est-à-dire ce qui ne peut devenir un moyen. Cette fin dernière, ou "but final", définit le Souverain Bien. Il faut donc distinguer le but (comme fin provisoire et contingente) de la fin (comme destination humaine nécessaire).

Fin en soi : Une fin qui ne deviendra pas un moyen pour une autre fin.

Chez Aristote, seules sont désirables les activités qui sont à elles-mêmes leur propre fin, c'est-à-dire qui sont des fins en soi (lire Ethique à Nicomaque). La seule activité qui puisse être une fin en soi, digne de la nature de l'homme est la pensée.

Pour Kant, la seule fin en soi possible est l'homme lui-même (définition fondatrice de l'humanisme des Lumières).

Hédonisme : Théorie morale qui fait du plaisir le Souverain Bien.

Hétéronomie : Obéissance à une loi étrangère à la volonté et à la raison. Obéir à une direction étrangère (Qu'est-ce que les Lumières?) est la source de tous les principes moraux illégitimes. L'hétéronomie est l'effet d'un manque de volonté et de la soumission à nos désirs. Elle peut être comprise comme le retour de la sensibilité dans le domaine de la raison et ne peut fournir que des impératifs hypothétiques.

Holisme : « On désigne comme holiste une idéologie (ensemble social de représentations ou ensemble des idées et valeurs communes dans une société qui valorise la totalité sociale et néglige ou subordonne l’individu humain », L. Dumont, Essais sur l’individualisme, Le Seuil, 1983, p. 273.

Idée : Pour Kant, une idée est « un concept rationnel nécessaire auquel ne peut correspondre aucun objet donné par les sens » (Critique de la raison pure, PUF, p. 270).

Immanent : Est immanent ce qui n'est pas transcendant, c'est-à-dire ce qui reste l'objet d'une expérience possible. Lorsqu'on parle d'une justice immanente, cela signifie que justice a été rendue sans recours à une instance extérieure aux événements eux-mêmes.

Jugement : L’acte par lequel l’esprit établit une relation entre plusieurs termes. Le jugement suppose la connaissance des concepts, puisque juger consiste à déterminer un cas particulier par un concept (subsomption).

Mauvaise foi : Concept par lequel Sartre explique les comportements non conscients sans recourir à l'hypothèse d'un inconscient freudien.

Misologie : la misologie est une sorte de haine de la raison, d'aversion pour tout ce qui relève du raisonnement et de la logique.

Modus ponens : Type de raisonnement logique qui consiste à “poser” l’hypothèse comme vraie et en déduire la conclusion. [(p Þ q), or p, donc q].

« Moi océanique » : Prétention du Moi à être tout, sorte régression infantile narcissique qui, selon Freud, viserait le retour à l’état fusionnel avec la mère (Malaise dans la civilisation).

Objet : Selon Kant, « ce dont le concept réunit le divers d’une intuition donnée » (CRP, p. 115). L’objet n'est pas la chose mais est le contenu de toute pensée (cf. Descartes) ; il ne peut y avoir d’objet que pour un sujet qui pense. Une même chose peut être l'occasion de différentes pensées objectives (une même fleur sera considérée d'une manière objectivement  différente par un parfumeur, un chimiste, un physicien, un fleuriste,...).

 Opinion : L’opinion en elle-même n’est ni vraie ni fausse. Elle n’est pas une erreur. C’est encore pire ! elle ressemble au vrai. Elle donne l’impression d’être une pensée. En réalité, elle est le masque de nos préjugés ou de nos stéréotypes. Dans le meilleur des cas, elle révèle le système de valeurs seulement subjectives auquel nous croyons. Elle est une forme de savoir qui ne cherche pas à avoir raison : elle ne repose sur aucune argumentation. Savoir qu’une opinion n’est qu’une opinion, c’est prendre conscience de son insuffisance rationnelle.

« Le préjugé est une opinion sans jugement. Ainsi dans toute la terre on inspire aux enfants toutes les opinions qu’on veut, avant qu’ils puissent juger. » Voltaire, Dictionnaire philosophique

Phénomène : Selon Kant, « objet indéterminé d’une intuition empirique »; « les images sensibles, en tant qu’on les pense à titre d’objets suivant l’unité des catégories, s’appellent phénomènes » (CRP, p. 223). Plus simplement, tout ce qui apparaît à la sensibilité, le « monde visible » chez Platon (phainestai : être visible de phos « lumière », qui a donné photon ou photographie). Le « monde phénoménal » est l’ensemble des données empiriques dont les sciences font leur matériau.

Poiésis : La poiesis est une action sur le monde, une fabrication. La poiésis survit même lorsque l’agent a cessé d’agir (le produit existe bien que le producteur ait cessé de produire). Elle suppose une organisation des moyens en vue d'une fin.

Praxis : La praxis (mot grec signifiant action) est une action mais toutes les actions ne sont pas une praxis. Il s’agit donc de distinguer la praxis des autres actions humaines (poiésis, fabrication et theoria, pensée). La praxis ne dure que tant que l’agent agit et vaut par elle-même. L’action morale ou l’action politique sont deux espèces de praxis. Marx infléchira un peu le sens de praxis qui désignera l’ensemble des pratiques humaines de transformations (puisque pour Marx, transformer le monde, c’est se transformer soi-même).

Procrastination : Tendance à remettre à plus tard l'action qu'impose l'urgence de la vie. Pour Epicure, cette tendance est l'origine du malheur de l'homme qui remet toujours au lendemain la nécessité de philosopher (Lettre à Ménécée).

Religion : Théorie dogmatique qui présente le devoir moral comme un commandement divin. Cette interprétation se réalise de manière contingente dans l'histoire sous des formes différentes et non nécessaires (le judaïsme, le christianisme, l'islam, le bouddhisme, l'hindouisme,...). Ces réalisations historiques fondent des communautés de croyances et de cultes qui prescrivent des comportements (et non des conduites). Réduites à cela les religions positives condamnent les croyants à l'hétéronomie en leur fournissant des mobiles extérieurs d'action et ne sont que de vaines superstitions (oreillers sur lesquels vient s'endormir la conscience morale).

Respect : Sentiment a priori, effet en moi de la loi morale. Le respect ne peut être considéré comme un principe de la morale (puisqu'il est un effet). Il est le sentiment du devoir que m'impose la dignité de la personne humaine.

Syllogisme : Raisonnement logique déductif qui tire la nécessité de la conclusion de l’articulation des concepts des deux prémisses. L’analyse syllogistique est strictement formelle et ignore totalement la signification des concepts (compréhension) pour ne se préoccuper que de leur extension. Ainsi, " Si tous les chats parlent anglais et si Minou est un chat, alors Minou parle anglais ". Cette analyse logique permet de distinguer les raisonnements valides du point de vue formel des autres. Le raisonnement ci-dessus est valide formellement et la conclusion nécessairement vraie, à condition toutefois d'admettre que tous les chats parlent anglais…

Transcendant : En latin, trans-cendere veut dire "monter en allant au-delà", au contraire de im-manence qui dérive du verbe latin manere qui signifie "rester, demeurer". Est transcendant ce qui va au-delà de ce qui reste là. En philosophie, la transcendance désigne ce qui s'élève au-delà des limites de ce qui est donné (le jeu des "forces naturelles"). Kant soutiendra que la raison déraisonne lorsqu'elle franchit les limites du connaissable, elle entre alors dans un usage transcendant, c'est-à-dire illégitime. Seul l'usage de la raison dans les limites d'une expérience possible, c'est-à-dire un usage immanent, est légitime.

Vérité : La tradition scolastique définissait la vérité comme l'accord de la pensée avec le réel (Thomas d'Aquin: "veritas est adæquatio intellectus et rei", conformité de l'esprit aux choses). La modernité la définirait plutôt comme l'accord de la pensée avec elle-même et fait de la vérité une propriété du langage. La vérité n'est pas une chose ni vraiment un rapport aux choses, mais le rapport de la pensée à des énoncés. Certains énoncés sont tenus pour vrais et d'autres pour faux. La question de la vérité devient vite celle de la croyance vraie. Platon définit la croyance vraie comme un énoncé vrai accompagné de sa justification. Mais, il est possible de renverser la question : la seule raison de croire en un énoncé est qu'il est vrai. Les "vérités scientifiques" ne sont que énoncés hypothétiques tenus provisoirement pour vrais, en attendant que d'autres énoncés hypothétiques parviennent à les réfuter. Il n'y a donc ni vérités premières,  ni vérités dernières. La vérité est une histoire : celle de la rectification de nos erreurs.

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La dernière mise à jour de ce site date du 24/10/20